Formé au commerce et au marketing digital, Louis débute comme Product Manager dans un studio d’applications sociales.
Mais très vite, une frustration apparaît : imaginer l’expérience ne lui suffit plus, il veut la concevoir jusque dans ses moindres détails.
Il ouvre alors Figma, teste, prototype. Ce qui devait être un prolongement devient une évidence.
Pour structurer cette transition, il rejoint le Bootcamp de The Design Crew.
Aujourd’hui, il est Product Designer chez BeReal.
Peux-tu nous raconter ton parcours et ta première rencontre avec le product design ?
J'ai fait des études de commerce avec un master en marketing digital. Depuis le lycée, je suis passionné par les applications dites consumer social. C’est en les utilisant et en les analysant que j'ai développé une vraie curiosité pour le Product Design: comprendre ce qui rend une expérience engageante, ce qui donne envie de revenir, ce qui fait qu'une interface est à la fois simple et plaisante à utiliser.
Snapchat et Tinder ont été deux apps sources d'inspiration produit et design, à une époque où la première redéfinissait les codes du partage de photos entre amis et la deuxième les rencontres en ligne. Pendant mes études, j'ai orienté mes stages vers des équipes produit d'applications sociales pour être au cœur de ces sujets. Ma première expérience professionnelle s'est faite chez YOLO, un studio d'apps sociales, d'abord en tant que Product Manager puis Product Designer, une transition qui s'est faite naturellement, portée par l'envie de donner une forme concrète à mes idées.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire le virage du product management vers le design ?
C'est venu naturellement, presque sans que je m'en rende compte. En tant que Product Manager, j'avais des idées très précises sur l'expérience que je voulais créer, à la fois sur le plan de l'UX et de l'interface visuelle. Très vite, cette frustration est devenue une force : j'ai commencé à ouvrir Figma tous les jours, à esquisser mes idées, à proposer des directions visuelles concrètes plutôt que de simples briefs.
Chez YOLO, l'environnement m'encourageait à proposer, challenger, itérer, expérimenter, ce qui m'a donné la liberté de faire cette transition. Ce qui m'attirait dans le design, c'était précisément cette capacité à relier vision produit et exécution visuelle. Aujourd'hui, mon background PM reste un atout : il me permet de designer en gardant constamment en tête les enjeux business et l'impact sur le produit.
En arrivant au bootcamp, tu avais déjà une forte sensibilité UI et craft : comment as-tu développé cette appétence, et quelle place elle prend aujourd’hui dans ton travail ?
Cette sensibilité s'est construite progressivement, à travers les différents projets sur lesquels j'ai notamment travaillé chez YOLO. Nous avons lancé des apps aux concepts différents, partage de photos, vidéo, messagerie audio et texte, chacune avec ses propres codes UX et UI. C'est en travaillant sur ces produits destinés à une audience jeune que j'ai compris à quel point le craft visuel, le taste design est déterminant : c'est ce qui fait qu'une app est perçue comme soignée, agréable à utiliser, et donne envie d'y revenir et d’en parler autour de soi. Chez BeReal, cette sensibilité influence directement mon travail : je cherche à apporter un niveau de soin sur chaque fonctionnalité qui rende l'expérience non seulement fonctionnelle, mais aussi réellement plaisante à utiliser.

Tu travailles aujourd’hui chez BeReal, un produit B2C grand public, très utilisé par la Gen Z. En quoi ce type d’app et cette audience influencent-ils tes choix de design et ta manière de concevoir le produit ?
Designer pour la Gen Z, c'est accepter un niveau d'exigence très élevé. Cette audience a grandi avec des apps exceptionnellement bien designées, elle a un radar naturel pour tout ce qui sonne faux, forcé ou ennuyeux. Chaque détail compte : une animation trop lente, un écran trop chargé, une interaction qui manque de fluidité, et l'app perd immédiatement en crédibilité. Cela influence directement ma façon de concevoir le produit. Je priorise le craft et la fluidité de l'expérience sur la quantité des fonctionnalités. Dans le contexte de BeReal, dont la promesse repose entièrement sur l'authenticité, je me pose systématiquement la question : est-ce que cette décision de design sert cette promesse, ou est-ce qu'elle la dilue ?
Tu fais beaucoup de veille et de benchmark UI. Comment repères-tu les tendances et nouveaux patterns, et surtout, comment décides-tu de ce qui mérite d’être intégré (ou non) dans le produit ?
J’ai pour habitude aujourd’hui de m’intéresser de manière quotidienne aux meilleures apps de chaque catégorie sur l'App Store. Je complète ça avec une veille plus structurée sur Mobbin, Pinterest, Arena et Twitter, où la communauté design réagit très vite aux nouvelles tendances. Ce n’est pas évident de repérer une tendance qui vaut le coup d’être adaptée, j’essaye le plus possible d’échanger régulièrement avec les autres designers de l'équipe pour confronter nos points de vue. Les interviews utilisateurs sont aussi une source précieuse pour comprendre ce que nos utilisateurs attendent de nous, s’intéresser aux fonctionnalités, aux interfaces récentes qu'ils apprécient sur d’autres applications, c'est un bon moyen de valider si une tendance résonne vraiment avec notre audience. Il faut aussi garder en tête que chaque produit a son identité propre, et la préserver est aussi important qu’innover.
Quelles compétences humaines ou soft skills t’ont, selon toi, aidé à décrocher ton poste et à t’intégrer rapidement dans l’équipe produit ?
Je pense à trois choses. L'empathie d'abord, pas seulement envers les utilisateurs, mais envers les personnes avec qui je collabore au quotidien. Comprendre ce qui rend la vie plus facile à un Product Manager, anticiper les contraintes d'un développeur, s'intéresser à la vision de chacun : c'est ce qui fait qu'on devient rapidement quelqu'un sur qui l'équipe peut compter. Ensuite, la pensée critique couplée à la capacité à recevoir du feedback. Dans un environnement produit qui évolue vite, il faut savoir remettre en question ses propres idées sans ego et accueillir les retours comme un levier de progression, et non pas comme une remise en cause personnelle.

En te projetant assez tôt vers l’après-bootcamp, qu’est-ce que ça a changé dans ta façon d’aborder la formation ?
Ça a tout changé dans mon rapport à la formation, parce que ça l'a rendue immédiatement concrète. Savoir que je rejoignais BeReal à la fin du bootcamp m'a donné un momentum particulier : chaque module, chaque projet, chaque feedback prenait une résonance différente. J'ai pu profiter des différents mentors pour les sonder sur des situations très spécifiques : comment bien préparer mes premiers mois, comment aborder l'intégration dans l'équipe produit, ce qu'on pouvait attendre de moi comme designer au sein d'une application utilisée par des millions d'utilisateurs.
Tu as trouvé ton job chez BeReal rapidement, même avant la fin du bootcamp : quels conseils donnerais-tu à ceux qui cherchent après la formation ?
Le premier conseil que je donnerais, c'est de ne pas attendre la fin du bootcamp pour commencer à chercher. Pendant la formation, vous avez quelque chose de précieux que vous n'aurez plus facilement après : un accès direct à des mentors qui peuvent vous aider à structurer vos pensées, préparer vos entretiens, affiner votre case study, rendre votre portfolio attractif. Autant en profiter pendant que vous êtes encore dans cet environnement d'apprentissage. Le deuxième conseil, c'est de ne pas attendre qu'une offre soit publiée pour passer à l'action. Identifiez les entreprises qui vous correspondent, contactez-les directement, et montrez votre intérêt de manière concrète. Rien ne remplace un projet conçu spécifiquement pour une boîte, un case study réalisé en quelques jours sur un problème réel de leur produit, envoyé spontanément. C'est le moyen le plus direct de démontrer votre motivation et votre niveau, sans attendre qu'on vienne vous chercher. En parallèle, n'hésitez pas à contacter des product designers qui travaillent sur des produits qui vous inspirent. Posez-leur des questions sur leur quotidien, comprenez leur process, la façon dont ils collaborent avec leur équipe.









